Avocat au Barreau de la CORREZE

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IN FIDE ET FIDELITATE SEMPER IMMOTA Toujours inébranlable dans sa foi et sa fidélité (Devise ancienne de la Ville de TULLE)
J'ai prêté serment le 13 décembre 1978 (déjà !). Titulaire d'un DESS DES PROFESSIONS JUDICIAIRES, j'ai obtenu un certificat de spécialisation en Droit Economique. Je suis membre du Centre de Médiation de la Corrèze, privilégiant la solution négociée avant la solution judiciaire. j'exerce au sein du Barreau de TULLE- USSEL ou celui de la CORREZE, enfin je ne sais plus. Si vous souhaitez me contacter, je vous remercie de cliquer sur l'onglet "CONTACT" ou téléphoner à mon Cabinet (Tél.: 05/44/40/66/18 ou 05/55/93/15/62).

LES CHAINES

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vendredi 16 janvier 2015

Le bas tu ? paie l'amende

La coutume de Lorris connue aussi sous le nom de charte de Lorris constitue un acte promulgué au Moyen Âge classique en 1134 par le roi de FranceLouis VI le Gros.
Il s'agit d'une charte, c'est donc un document écrit officiel visant à pérenniser des droits juridiques et prouver les droits des habitants et ceux du roi, bref, des lois.
"Une de ces lois entre autres portait une amende sévère pour tous ceux qu’on pouvait convaincre d’avoir battu ou injurié quelqu’un. 
La loi leur adressait ces paroles, par lesquelles elle leur ordonnait de payer l’amende : « Le bas-tu ? paie l’amende. » En réalité, c’était donc le battant qui payait l’amende en expiation des coups qu’il avait portés." (Source: 

jeudi 21 août 2014

Qu'il est beau mon serment

Le 13 janvier 1978, à l’instar de mes confrères, j’ai prêté le serment suivant :
" Je jure, comme avocat, d'exercer mes fonctions avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité".
Dès mes premières années d’exercice, j’ai pensé que mes fonctions devaient être dictées par une notion non comprise dans ce serment, à savoir, la courtoisie et plus précisément par :
- L'honneur, c’est à dire le respect des normes morales, des lois et des règlements.


- La délicatesse, refusant de transgresser les règles de bienséance, de savoir-vivre, de moral, mandat et règles et usages de la profession et dont le non-respect est sanctionné sévèrement par le Conseil de discipline.


- mais aussi la probité, ou le respect des devoirs imposés par la Justice et de l'honnêteté.
 
L'Avocat doit également demeurer indépendant de tout pouvoir et notamment du pouvoir économique des personnes n'appartenant pas à la profession.
 
A l'égard de mes Pairs, j’ai toujours à l'esprit le principe de la confraternité, consistant au sentiment d'appartenir à une même communauté ayant les mêmes règles et les mêmes idéaux au-delà de la défense des intérêts opposés ou litiges judiciaires.

C’est pourquoi, les qualités de modération, de courtoisie et de dévouement sont de rigueur tant à l'égard des Clients que des Confrères Avocats :
- La modération consiste à garder une sage mesure en toutes choses,
- La 

courtoisie qu’il est inutile de définir,
- le dévouement, l’avocat étant au service de son client.


mercredi 11 juin 2014

Quand la Politique se veut Justice

Dans le cadre de ses colloques, la Cour de Cassation s'attaque à un sujet passionnant: les procès politiques dans l'histoire.

Ainsi, elle a abordé les procès du Maréchal NEY, de Jeanne d'ARC et encore ceux multiples sous le règne de Louis XI.

Le jeudi 19 juin 2014, sera évoqué le procès d'urbain GRANDIER et c'est mon ancien professeur d'histoire du droit, Madame Arlette LEBIGRE qui animera ce colloque.

Pour en savoir plus et s'inscrire, cliquez sur ce lien:


vendredi 2 mai 2014

Un avocat modèle

Très courageusement, LAMOIGNON DE MALESHERBES accepta, dans les termes de la lettre suivante d'assurer la défense de LOUIS XVI (qui pourtant ne l'aimait guère).

On le sait, la mort du dernier roi de France était acquise.

Ce fut LAMOIGNON DE MALESHERBES qui appris au Roi le 21 janvier 1793 sa condamnation à mort.

Voici cette lettre:

« Citoyen Président,

J'ignore si la Convention Nationale donnera à Louis XVI un Conseil pour le défendre et si elle lui en laissera le choix.

Dans ce cas là, je désire que Louis XVI sache que s'il me choisit pour cette fonction, je suis prêt à m'y dévouer.

Je ne vous demande point de faire part à la Convention de mon offre, car je suis bien éloigné de me croire un personnage assez important pour qu'elle s'occupe de moi.

Mais j'ai été appelé deux fois au Conseil de celui qui fût mon maître dans le temps que cette fonction était ambitionnée par tout le monde : je lui dois le même service, lorsque c'est une fonction que bien des gens trouvent dangereuse.

Si je connaissais un moyen possible pour lui faire connaître mes dispositions, je ne prendrais pas la liberté de m'adresser à vous.

J'ai pensé que, dans la place que vous occupez, vous aurez plus de moyens que personne pour lui faire passer cet avis.

Je suis avec respect,

Citoyen Président, »
Votre très humble et très obéissant serviteur.
LAMOIGNON DE MALESHERBES

La Mainmorte

C'est l'état des vassaux qui, en vertu d'anciens droits féodaux, en particulier le servage, étaient privés de la faculté de transmettre de leurs biens par héritage.

Sa finalité était d'éviter que les biens passent à des personnes extérieures à la seigneurie : 
durant sa vie, le serf jouissait librement de ses biens personnels, il pouvait disposer de son manse avec la permission de son seigneur mais il était privé de la faculté de faire son testament et, à sa mort, ses biens revenaient à son seigneur selon le principe :

 "Le serf mort, saisit le vif son seigneur".

Devinette :
Est ce de là que vient l'expression "Ne pas y aller de main morte" ?

L'Affaire DOIZE

Dans le cadre de ses conférences traitant des grandes affaires criminelles de l'histoire de la justice, la Cour de Cassation avait organisé, le 22 octobre 2009, un colloque sur l'affaire DOIZE, présenté par Jean-Claude FARCY, auteur, notamment de L'affaire Doize (1861-1862). 
Du trou noir d'Hazebrouck à la réforme de la procédure pénale », in Garnot (Benoît) (dir.). 
L'erreur judiciaire de Jeanne d'Arc à Roland Agret, Paris, Imago, 2004, p. 171-192.

L'affaire DOIZE c'est l'affaire d'une terrible erreur judiciaire :

Rosalie Doize est accusée, en 1861, d'avoir assassiné son père à BAILLEUL (Nord). 
Mise au secret, enfermée dans un cachot (d'où le titre de l'ouvrage de Monsieur FARCY, le « trou noir »), enceinte, elle finit par avouer. 
Malgré ses rétractations formelles, Rosalie dira plus tard qu'elle avait peur pour la vie de son bébé, elle est condamnée par la Cour d'Assise de Douai aux travaux forcés à perpétuité. 
Mais, un an plus tard, deux hommes seront condamnés pour le même crime.
Bien évidemment, l'un des deux arrêts étaient de trop, et Rosalie sera rejugée en 1862.
Rosalie sera alors acquittée en dépit du Procureur considérant que les menaces proférées par Rosalie contre son père pouvaient laisser supposer qu'elle avait souhaité, et peut-être collaboré à, sa mort. 
Une importante campagne de presse nationale permettra de collecter de l'argent servant à Rosalie à acheter une petite exploitation agricole.
Et son bébé me direz-vous ?
Il mourra en bas âge en raison des privations subies par sa mère lors de son incarcération.

Trop bu ou Gros manquant !

Trop bu ou Gros manquant !

En fait, force est de constater l'imagination débordante de nos aïeux en matière d'impôts.

D'après WIKIPEDIA, En France, sous l' Ancien Régime, le Trop bu ou Gros manquant est une taxe royale sur les boissons alcoolisées bues par le producteur au-delà de ce qui lui est alloué pour sa consommation personnelle. 

On suppose que le surplus de production est vendu sans acquittement des droits de Gros et augmentation !

En 1680, la consommation "normale" est fixée par un édit : 3 muids (804 litres), les laboureurs (paysans aisés) ont en plus 3 autres muids par charrue possédée.

Le gros manquant ne s'applique qu'aux assujettis à la taille et à la capitation (les roturiers). 

Il est prévu des visites domiciliaires par les employés de la Ferme générale, ce qui en fit un des droits les plus impopulaires.

La recette globale est assez faible : 13 000 livres en 1760.

Pourtant, les cahiers de doléances demanderont sa suppression

Mangez-le si vous voulez

Je vous recommande vivement l'ouvrage de Jean TEULE: "Mangez-le si vous voulez" (*)

L'auteur narre un fait-divers réel.

Nous sommes le 16 août 1870, dans ce beau pays, le PERIGORD.

Un jeune noble, Alain de Monéys, doit partir affronter les prussiens, la semaine prochaine. Bien né, il aurait pu charger un jeune homme pauvre de prendre sa place.

Mais, il a refusé et souhaite, avant de partir, acheter une génisse pour une voisine dans la misère. Il part donc à la foire de HAUTEFAYE, un charmant village voisin.

Charmant village, charmants voisins ..., mais pourtant, deux heures après son arrivée, la foule va se déchainer contre lui.

Il sera lynché, torturé, brûlé vif.

Pire, des mères utiliseront sa graisse pour faire des tartines à leurs enfants (ce dernier détail, oh combien pittoresque, est le seul qui ne soit pas prouvé).

Ames sensibles s'abtenir !

* Editions JUILLIARD


Prisons, rien de neuf sous le soleil

Aux IXéme siècle, nos prisons n'étaient pas dans l'état où elles sont aujourd'hui.

Quoique, pas toutes, l'état de la prison de LOOS laissant à désirer:

John Howard, qui, inlassablement, visita les prisons d'Europe entre 1773 et 1790, avait fait étape à Lille entre le 24 et le 26 mai 1783.

 Il avait été jusque là agréablement surpris par l'état plus que satisfaisant des prisons françaises. 

À Lille, Howard découvre l'horreur. 340 prisonniers militaires qui s'entassent à la Citadelle, dont les infirmeries sont « dans un état de saleté et de confinement épouvantable », le scorbut y faisant des « ravages ». 

La situation n'est pas meilleure dans les prisons civiles : « La Tour de St. Pierre est une vieille bâtisse .

Elle accueille 12 prisonniers (3 dettiers, 5 contrebandiers et 5 vagabonds), dont 5 malades qui étaient couchés dans le même lit, dans une pièce très insalubre .

La prison de la ville ne vaut pas mieux avec ses 14 prisonniers. » 

Howard se demande, après ses visites, comment il « a pu réchapper de la fièvre maligne qu'il a contractée lors de sa dernière visite dans cette prison » .

Benjamin Appert, avant de s'extasier sur la maison centrale de Loos dans l'après-midi du 19 mars 1824 (voir supra), avait visité le matin les prisons de Lille. 

Leur état ne s'est pas amélioré presque quarante ans après la visite de Howard. 

D'abord la prison Saint-Pierre pour les soldats : « La construction de cette prison s'oppose à ce que les détenus soient bien.

 Ces malheureux sont couchés, tous ensemble, sur des lits de camp ; la malpropreté des chambres est extrême ; l'air ne s'y renouvelle qu'avec peine. ». 

Puis la prison de la ville : « Cette prison est encore plus affreuse, s'il est possible, que celle de Saint-Pierre.

Les chambres sont très petites et étouffées ; les détenus couchent tous ensemble, sur des lits de camp, couverts de vieilles paillasses.

L'air est infect.

Les cours sont pleines de fumier, les cachots humides et souterrains, l'atelier, fréquenté par quelques hommes, est sale et mal situé, on n'y monte qu'avec difficulté, par une échelle ; le chauffoir est empoisonné par la fumée et l'haleine du grand nombre de détenus qu'il contient.

C'est dans ces lieux, que des enfants de 10, 12 et 15 ans sont obligés de vivre et coucher avec des galériens et des criminels ».
A noter que vous pouvez vous abonner à une lettre d'information de ce site, ce que je vous recommande vivement si vous partagez mon intérêt pour l'histoire du droit.

A tour de rôle

Au Moyen-Age, les édits étaient écrits sur des parchemins volumineux:
Ces parchemins n'étaient pas reliés mais roulés autour d'une tige de bois, d'où leur nom de volume (du verbe latin «volvo», je roule) ou leur nom de «rôle». 

Le «rôle» deviendra le registre sur lequel sont inscrites dans l'ordre les affaires qui doivent passer devant un tribunal, chacune «à son tour de rôle» !

jeudi 1 mai 2014

La Supplique d'Elisabeth

Nous sommes en 1788. 

La Révolution passera l'année prochaine.

En attendant, Elisabeth BREDECHE, dûment assistée et autorisée par son mari, de la sage Paroisse de SAINT EXUPERY.dépose cette supplique au Juge DUBECH, 

Elle y évoque la sombre vente par son père d'une quartelade de terre au sieur Michel BRESPEUCH, intervenue en 1775.

Selon la suppliante, dans cette quartelade de terre, figurerait une pièce de terre aui aurait appartenu à sa mère, pièce qu'elle revendique en conséquence.





mercredi 30 avril 2014

Les Prisons d'Antan

La Grande Ordonnance du mois d'août 1670, instaurée par Louis XIV, équivalait à notre code de procédure pénale. 

À l'époque, l'emprisonnement constituait une arme absolue, si l'on se souvient des lettres de cachet, signée de la main du Roy et prononçant soit exil ou soit l'emprisonnement. 

Voici un extrait concernant les prisons :

Article 1
Voulons que les prisons soient sûres, et disposées en sorte que la santé des prisonniers n'en puisse être incommodée.
Commentaire : on aimerait que cette volonté soit encore d'actualité.

Article 9
Leurs défendons (aux greffiers et geôliers), à peine des galères, de délivrer des écrous à des personnes qui ne seront point actuellement prisonnières, ni faire des écrous ou décharges sur feuilles volantes, cahiers, ni autrement, que sur le registre coté et paraphé par le juge.
Commentaire : le Roy pouvait se permettre de délivrer des lettres de cachet souvent arbitraires mais il se méfiait des petites gens.

Article 14
Défendons à tous geôliers, greffiers et guichetiers, et à l'ancien des prisonniers appelé doyen ou prévôt, sous prétexte de bienvenue, de rien prendre des prisonniers en argent ou vivres, quand même il serait volontairement offert, ni de cacher leurs hardes, ou les maltraiter et excéder, à peine de punition exemplaire.
Commentaire : il faut bien convenir que racketter les nouveaux venus sous prétexte de leur souhaiter bienvenue est source courante dans nos prisons.

Article 20
Les hommes prisonniers, et les femmes, seront mis en des chambres séparées.
Commentaire : Encore heureux ...

Article 23
Les créanciers qui auront fait arrêter ou recommander leur débiteur, seront tenus lui fournir la nourriture suivant la taxe qui en sera faite par le juge, et contraints solidairement, sauf leur recours entre eux ; ce que nous voulons avoir lieu à l'égard des prisonniers pour crimes, qui après le jugement ne seront détenus que pour intérêts civils. Sera néanmoins délivré exécutoire aux créanciers et à la partie civile, pour être remboursés sur les biens du prisonnier, par préférence à tous créanciers.
Commentaire : En ces temps bénis, on pouvait être détenu pour des dettes civiles. Mais la morale était sauve puisque il appartenait au créancier de fournir à son débiteur aliments.

Article 25
Les prisonniers pour crime ne pourront prétendre d'être nourris par la partie civile ; et leur sera fourni par le geôlier du pain, de l'eau et de la paille bien conditionnés, suivant les règlements.
Commentaire : Il ne faux pas exagérer et ce qui était dû par les créanciers ne l'était pas pour les victimes.

La Véritable Histoire du Corbeau

TULLE (Corrèze) en ce mois de décembre 1917

 Angèle LAVAL, 31 ans, célibataire, est employée à la Préfecture, au service de la comptabilité.

 Sa mère, Louise reçoit un jour une lettre anonyme, « Grande sale... », l'agonisant d'injures, ponctuée de détails pornographiques.

 Cette lettre conseille, en outre, à sa fille Angèle de se méfier de son chef de service, un dénommé Jean-Baptiste MOURY.

 110 lettres anonymes vont suivre, adressées à Louise LAVAL mais, également, à d'autres tullistes honnêtes et honorables.

 Bien sûr, comme tel est le cas en la matière, aucun des destinataires de ces étranges courriers ose porten sûr, comme tel est le cas en la matière, aucun des destinataires de ces étranges courriers ose porter plainte.

 Le mystérieux rédacteur s'est baptisé « L'Oeil de tigre ».

 Bientôt, tout TULLE est en émoi, ces courriers anonymes proférant des menaces et semant le trouble dans les ménages.

 L'Oeil de tigre s'attaque même à la personne du Préfet !

Pendant 3 ans, TULLE vit dans l'angoisse.

 Jugez en : L'Oeil de tigre va jusqu'à afficher sur la porte du théâtre de Tulle une liste de 14 noms avec, en regard, les noms de... leurs maîtresses et amants !

 Ce qui devait advenir arriva : une première victime, Auguste GIBERT, greffier, mis en cause, perd la raison et se suicide.

 Enfin, la machine judiciaire peut démarrer et une instruction est confiée au juge RICHARD.

 L'affaire devient nationale, des journalistes alléchés par ce fait-divers se précipitant à TULLE pour couvrir l'enquête.

 Le juge RICHARD va demander des expertises, mais celles-ci sont contradictoires.

 Débordé (pression médiatique oblige), le juge va alors faire appel ... aux esprits faisant tourner les tables, ce qui va naturellement déclencher l'hilarité générale.

 Sa hiérarchie décide alors de le remplacer en désignant le juge MALRIEU.

 Ce dernier, plus professionnel que le précédent, missionne un graphologue, le docteur LOCARD qui conclut à la responsabilité de la propre fille de Louise LAVAL, Angèle.

 Ces conclusions vont êtres confirmés par un curé de TULLE, lequel vient témoigner de ce qu'il a vu une de ces lettres posée, inachevée, sur le bureau personnel de l'une de ses paroissiennes...Angèle Laval.

 Angèle Laval avoue rapidement.

 Ses aveux, à vrai dire, dévoilent une vie très triste.

 A 31 ans, elle a abandonné tout espoir de fonder une famille, même si, elle éprouve une grande attirance pour son chef hiérarchique, Monsieur MOURY.

 Jusqu'au jour, où, joie suprême, ce dernier l'invite à boire un verre.

 Mais, en fait d'une invitation à plus si affinité, il s'agit d'un vin d'honneur organisé par Monsieur MOURY en vue de son prochain mariage.

 C'est alors que germe l'idée chez Angèle de se venger des mâles et d'écrire ces courriers anonymes.

Les enquêteurs, une fois la déposition d'Angèle signée, laisse cette dernière en liberté.

 Angèle se réfugie chez sa mère affolée à l'idée de l'humiliation qui va s'abattre sur elle et sa fille dans quelques heures.

 Le lendemain matin, Louise et Angèle se rendent à l'étang de Ruffaud pour s'y suicider.

 Seule Angèle survit et doit affronter son procès qui démarre en 1922.

 Pendant les audiences, elle est vêtue de noir, noir comme ... un corbeau, surnom que les journalistes vont lui donner.

 Angèle Laval sera condamnée à 1 mois de prison et 200 francs d'amende.

 Le Corbeau..., le grand metteur en scène, Clouzot s'emparera de cette histoire et son film sortira le 29 septembre 1943.

 EXTRAITS DE COURRIERS ° Cote 120 – 1er avril 1921 - Lettre à Jean L. 1er avril Monsieur L. Jean Méfiez-vous de Michel V. le chef de bureau du cabinet préfectoral. C'est un redoutable mouchard. Il vous calomnie, il vous a calomnié auprès de Monsieur G. : « G. le libertin, G. le séducteur, G. le Sardanapale ». N'avait-il pas décidé, le grand Michel, d'entente avec P. et G. (les amants de sa femme) au mois de janvier 1920 et surtout en avril 1920, de vous faire révoquer et de se faire nommer à votre place chef de division. V. voyez-vous est un ambitieux, un traître, un lâche, un félon, un Judas, un capon, comme Saint-Pierre il trahira son maître, et V. paye de lâchetés, traîtrises et saletés, les politesses les services rendus. Le store du bureau à L., disait-il à P. et G., je me charge de le lui descendre. Je veux m'installer dans son bureau. C'est lui qui envoya à Monsieur F. la carte d'insultes signées au nom de votre soeur (pauvre petite Angèle). Il la détestait, la jalousait. Il faut, disait-il, qu'elle sorte de la Préfecture. Il l'avait annoncé avant sa nomination de chef de cabinet. Il jalouse votre jeune femme. Elle est, dit-il, trop grande dame, se croit trop et ne fréquente pas ma femme. Mais son mari je le lui ferai payer l'orgueil de Madame L., sa femme. V. voyez est capable des pires lâchetés..../... Voyez-vous pour distraire G. il fallait un bouffon, V. fut désigné. Pour distraire G. à Tulle il lui fallait une maîtresse, A. V. fut choisie. Aussi cela rapporta à son mari : avancement irrégulier, gratifications honteuses et exagérées, flatteries, honneurs, et à A. avancement et promotion au choix. A. la pieuvre, la sirène, A. la catin sut faire rapporter avantageusement d'être la poule d'un préfet débauché, sans honneur et dignité. Préfet que V. soudoya..../... Les orgies qui se déroulèrent à la Pascalette avec A. et ses amants G. et P. resteront célèbres dans les annales corréziennes. Des repas monstres furent offerts à ces messieurs avec le vin et les liqueurs que les commerçants de Tulle offraient à C. dit Pas de Coq pour se faire embusquer à la Manu. V. c'est un sale et hideux individu. II sue l'hypocrisie et la fourberie par tous les pores du visage et du corps et il a une tête digne de figurer au tribunal de l'Inquisition. V. l'éminence grise, V. le bouc émissaire, V. le bourreau, le persécuteur des veuves de la guerre. V. l'espion, le mouchard. Ah ! S'il osait, il ferait bien du personnel de la Préfecture des autodafés pour s'emparer de leur place. V. le terrorisateur. La Préfecture tremble sous la botte du Marat. Méfiez-vous Monsieur L., V. vous hait, vous et les vôtres. Il calomnie lâchement et sourdement dans l'ombre. V. cette horrible félin, il vous passe à vous et aux vôtres sa patte de velours qui égratigne, qui étouffe.../... Au mois de février 1920, il vous accusa au préfet G., à P. et F d'être l'auteur des lettres anonymes qui circulèrent dans la préfecture. Il vous fit pister à votre sortie du bureau par Monsieur le commissaire Hostalrich, mais ses démarches furent vaines. N'épousez pas dit-il un jour à un jeune homme dont je tais le nom Mademoiselle L., croyez-vous qu'avec elle vous seriez heureux ? Non vous seriez malheureux et les C. vous mépriseraient. Je tais les calomnies dites et écrites par lui sur le compte de votre famille.../... Lorsqu'on est riche comme L. disait-il, on ne fait pas travailler sa soeur. Pourquoi fait-il travailler sa femme ? Pourquoi pour arriver nuit-elle aux veuves de la grande guerre. Un jour il disait : que les L. gros comme le bras agitent leurs protections ! Moi je les écraserai et L. subira par moi le sort de sa soeur. Il envoya il y a quelques mois une série de lettres anonymes contre votre soeur où il la caricature.../... Sous peu je vous écrirai. Mais n'oubliez pas que Monsieur M. est votre ami et qu'il vous défend vous et les vôtres envers et contre tous. Si bon Monsieur M., si juste, si loyal. Monsieur M. vous veut du bien et désirerait comme par le passé votre amitié... * Cote 139 - 20 juillet 1921 - Lettre à D. pharmacien Mardi 19 Monsieur D. Au lieu de vous occuper de ce qui se passe à la maternité surveillez un peu mieux votre maison. Oui ouvrez l'œil Monsieur D. et vous verrez que vous aussi vous êtes un cornard, cocu, comme un cu. ( sic) Oui chez vous, votre maison ( magasin), la maison est la réunion des mauvaises langues de Tulle : A., l'amant à Madame B. la divorcée, Mademoiselle V., J. le voleur de farine, le fraudeur l'ami à Jean L., tête de marmelade, V. l'ex-amant à Madame D. mère à Louis l'idiot, le crétin. V. l'amant à Mlle C. sa belle-soeur. L. Jean, le pirouli, mari à Marinette C. la mule. R., l'amant à Mme D. votre épouse. Oui D. vous êtes cornard. D. vous êtes cocu.../... Je vais dans quelques jours envoyer des faire-part de votre malheur à vos amis, ennemis et à la population du Trech. N'oubliez pas D. que moi l'OEil de Tigre ami de F. mort au Champ d'honneur, qui embrassa cinq fois A. C., Madame V. aujourd'hui (A. la poule au préfet G.). Je ne fais jamais de menaces vaines, et toujours aux jours indiqués, les menaces sont fidèlement exécutées. Malheur à vous D. le cornard. Il vient chez vous des gens que je déteste : Angèle L., la nitouche, la Dorothée, Angèle la pucelle de la Barrière, Angèle la « fiancée » à C. qui a un pied de bois. Ne vous occupez pas D. de Madame C. ni de Monsieur M. et de sa jeune femme, gentille et distinguée. N'oubliez pas que les affaires de la maternité, ni vous ni D. le curé manqué n'ont à y mettre le nez. Monsieur l'économe vous envoie chier et il saura Monsieur D. faire attendre vos mandats, grand cornard. Votre pharmacie est un lieu à cancans. On écorche les gens. Ah! Vous êtes l'ennemi du docteur M. et de Madame C.. Vous avez dit un jour que Madame C. était la maîtresse à ce brave docteur ? Entendez-vous Monsieur M. est prévenu. Pendant la guerre votre salope de femme couchait avec tous vos employés. Oui D. votre femme se saoule. Tout le Trech le sait. .../... Oui R. rendit mère une honnête fille qui est aujourd'hui infirmière, et il abandonna l'enfant qui aujourd'hui à 18 ans. Au lieu de se moquer de Monsieur M., qu'il fasse comme ce dernier loyalement son devoir de père, car si Monsieur M. a fauté, il a réparé en donnant son nom à sa fille que sa jeune femme très bonne et dévouée, reçoit à sa table et chérit comme sa fille. .../... Vous qui êtes l'ami à Jean L, conseillez-lui de moins s'occuper de M. M., sinon malheur à lui, et surtout malheur à A., l'ironique. Je leur ferai verser des larmes de sang. .../... Je suis : l'Œil de Tigre, ennemi à C., L., D., V. et P. * Cote 140 - 28 juillet 1921 - Lettre ... pour Mme R. Chère Madame R., C'est avec surprise que je vous vois fréquenter Madame D. née F. Vous devez sans doute ignorer que cette femme est une salope, une peau. Oui Nini D. est la maîtresse à Jean C. chef de division à la Préfecture, C. celui qui le 15 août sera révoqué, le voleur du ravitaillement. Madame D. est la fille de Madame F. l'ex maîtresse à G. P. directeur du Bazar du Globe. Un jour Madame P. souffleta avenue de la Bastille Madame F. Madame F. est une voleuse, une salope, fille naturelle, elle est donc, Mme F., la fille d'une putain. Madame F. vola en mai 1919 un beurre de table chez Madame F., fruitière place Gambetta. La fruitière l'ayant surprise, elle lui sortit de la manche de son manteau de soie. Madame F. offrit 10 francs aux enfants de cette dernière, afin que son cornard de mari ne sache rien de l'aventure. L'honnête fruitière refusa. C'est Madame N., amie de Madame F. qui l'a dit. Aujourd'hui F. le cornard n'ignore plus les vols de sa femme, et souvent il paya pour calmer la colère des commerçants et des camelots des places. Voleuse sa femme comme une pie. Que voulez-vous, la vie est chère et Mesdames F et D. aiment la bonne chère à bon marché. Nini D. est aussi voleuse que sa mère et tandis que la mère vole, la fille amuse par son badinage le commerçant, retient son attention et ensuite ces dames, dans l'église de la cathédrale, vont partager et remplir leurs poches et paniers des produits de leurs vols. Sales dévotes. Diables de bénitier. Madame F vola en décembre 1920 un saucisson chez T., et une pièce de veau chez B.. Récemment elle vola un poulet chez Madame B. ; et une boîte de bonbons au chocolat, en mars 1921, disparut de chez Madame L., comme la maîtresse à P. passait la porte. Combien de fois vola-t-elle sur la place. Ah ! Les bas et les gants ne leur coûtent pas cher. Si habiles ces deux dames (voleuses de profession depuis des années). Aussi chez D. Nini la vie est large, les goûters abondants, les quatre heures dit-on succulents, les petits déjeuners à neuf heures au madère et aux biscuits alléchants et tentants (heureux les invités). Mais les gens honnêtes refusent ses invitations, comme à la rue, malgré les insistances de la Nini on refuse son bonjour. On ne fréquente pas la fille d'une putain et d'une voleuse, salope et voleuse elle même. Madame D. est une mauvaise langue. Quelle langue cette dégoûtante boiteuse. Cette femme oisive qui se promène du matin au soir, monte quatre à six fois par jour le Trech pour attendre son idiot, son crétin, son cornard de mari.../... Type élégant Louis D. J'ai envie de lui dire : Louis vous avez du chic. Louis ne porte plus de chapeau afin de montrer ses cheveux frisés, et puis c'est de bon ton. Cela finit de lui donner un air idiot à ce pauvre imbécile, D. l'épave de la Préfecture, D. le rebut du personnel. D. l'incapable, l'imbécile, le cornard, le voleur de confitures et de lard. Qu'il nie s'il ose, et s'il n'est pas un lâche, le Louis, qu'il vienne me trouver en face, moi l'OEil de Tigre ! Mais comme ses amis, de moi Louis et Nini auront peur, et une fois de plus ils me feront risettes et révérence. Que voulez-vous D. n'est pas cause le malheureux si la Terre tourne. .../... Oui Madame n'oubliez pas que c'est grâce à Madame M. que vous fûtes admise à la maternité, quoi que l'hôpital fût au complet. Pour faire plaisir à Madame M., Madame C. fit un effort. Vous fûtes je crois bien soignée ? Fuyez Nini, n'écoutez pas ses mensonges sur Madame M. que Madame D. jalouse, parce qu'elle est la femme d'un chef de division et d'un homme instruit, intelligent, distingué, supérieur, un intellectuel, un raffiné, le plus instruit des chefs de division. .../... N'a-t-elle pas dit Nini : Madame R. est gourmande et dépensière. Aussi ces gens-là sont mal meublés et habitent une pauvre mansarde. Elle habite elle, dit-on, un appartement de poupée et Louis le matin vide Jules et fait le lit. Si paresseuse Nini, Madame macarons. F. est fier. Son frère dit-on était un voleur et mourut en prison comme M. mourut au bagne pour avoir empoisonné sa maîtresse. La grand-mère à M. fit trois ans de prison pour débauche de mineurs. Sa tante eut trois enfants d'un chiffonnier. Son oncle le voleur fit dix ans de prison (jolie famille les parents à M.) continue ses méfaits...

POUR EN SAVOIR PLUS:

http://laplumeetlerouleau.over-blog.com/article-19794551.html http://www.lexpress.fr/informations/le-corbeau-s-appelait-mlle-angele_601975.html

MARSEILLE, CAPITALE DU CRIME

Le site CRIMINOCORPUS nous livre un extrait alléchant de la thèse (*) de Madame Laurence MONTEL intitulée « Marseille capitale du crime. Histoire croisée de l'imaginaire de Marseille et de la criminalité organisée (1820-1940) »
« Si l'image de Marseille s'améliore depuis une dizaine d'années, la cité phocéenne évoquait encore assez largement, dans les années 1980-1990, une ville dangereuse et tout particulièrement, la ville par excellence du Milieu ou, pour employer un terme plus scientifique, de la criminalité organisée. 

Elle continuait de s'imposer comme le « Chicago français », la capitale du crime en France. 

La volonté d'explorer la genèse de ces représentations est à l'origine de cette thèse, qui débute vers 1820, alors que la ville, royaliste, est dynamisée par une croissance soutenue et la disparition d'un banditisme encore très actif durant la Révolution et l'Empire. Elle se clôt à la fin des années trente, une fois apparu le motif fameux du « Milieu marseillais ». 

* thèse de doctorat, Université de Paris X Nanterre, 2008, dact., 2 vol., 990 f°.